L’intestin, notre deuxième cerveau

On entend souvent dire que notre intestin est notre deuxième cerveau. Effectivement, il a été prouvé à maintes reprises que le microbiote intestinal est responsable de la production de multiples substances neuroactives, telles que: le GABA, la sérotonine, la dopamine, l’histamine et la norépinéphrine, de par l’action des bactéries qui transforment les protéines du côlon grâce à un équilibre sain induit par la présence de fibres dans l’alimentation21. Le fait de mal nourrir nos bactéries intestinales pourrait altérer la production de ces molécules, qui sont essentielles dans la réduction du stress et des symptômes dépressifs (les liens entre l’alimentation et l’humeur ont été clairement démontrés).

De plus en plus de chercheurs sont capables de mettre en évidence le fait que la connexion entre le microbiote et le cerveau s’effectue à double sens. Notre cerveau a un effet sur le bon fonctionnement de notre système digestif, tout comme celui-ci assure le bon fonctionnement de notre cerveau. En effet, plusieurs données ont permis de faire en lien entre notre microbiote, notre cerveau et certaines maladies telles que le syndrome du côlon irritable, les troubles du spectre de l’autisme, la maladie de Parkinson, les troubles de l’humeur (dépression et anxiété), des syndromes douleur chronique22.

Les diverses interactions entre le cerveau et le système digestif constituent un sujet de recherche complexe, actuellement en émergence. Les chercheurs sont maintenant capables de démontrer que le stress ressenti par la mère pendant la grossesse, ainsi que la qualité de son alimentation, sa prise d’antibiotiques et son obésité, ont un impact, par le biais de son propre microbiote, sur la façon dont les gènes de son enfant à naître s’exposeront. Ce dernier serait donc plus ou moins à risque de développer des maladies chroniques incluant des troubles mentaux23. Il est incroyable de penser que le développement de l’enfant est affecté par plusieurs facteurs pendant la grossesse, incluant le comportement alimentaire et les habitudes de vie de la mère.

Heureusement, à l’âge adulte, il est souvent possible de renverser la façon dont nos gènes peuvent s’exposer, même si des prédispositions ont été acquises avant la naissance. Il s’agit de préserver de saines habitudes de vie qui permettent de rééquilibrer notre propre microbiote, cet organe protecteur qui est en nous.

Voir l'article "Les effets du stress sur notre microbiote

 

Référence :

21. Portune K. J. B. M., Davila A.-M., Tomé D., Blachier F., Sanz Y., «Gut microbiota role in dietary protein metabolism and health-related outcomes: The two sides of the coin», Trends in Food Science & Technology, 2016; 57:213-32.

22. Mayer E. A., Tillisch K., Gupta A., «Gut/brain axis and the microbiota», Journal of Clinical Investigation, 2015; 125(3):926-38.

23. Gao Q., Tang J., Chen J., Jiang L., Zhu X., Xu Z. «Epigenetic code and potential epigenic-based therapies against chronic diseases in developmental origins», Drug Discovery Today, 2014; 19(11):1744-50.

 

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