Le végétarisme et le microbiote

À un moment ou un autre de votre vie, vous serez peut-être tenté par le végétarisme. La promotion que l’on en fait dans les médias, en lien avec l’impact environnemental et éthique notamment, peut en effet être très convaincante. Mais qu’en est-il de son effet sur le microbiote intestinal?

Il est clair que le microbiote d’un végétarien et celui d’un omnivore qui consomme des produits d’origine animale sont totalement différents32. Plusieurs études soulignent que la consommation de produits d’origine animale (particulièrement la viande rouge et les œufs) stimule la production de certaines souches bactériennes qui permet l’apparition de TMAO (trimethylamine‐N‐oxide). Une fois en circulation, ce composé chimique peut moduler le métabolisme du cholestérol et provoquer une augmentation significative de l’athérosclérose, le processus de blocage d’artères qui mène à l’infarctus33. Il a d’ailleurs été prouvé que les mangeurs de viande chez qui on retrouve davantage de cette substance présentent un risque accru de souffrir d’infarctus et de décéder à la suite de troubles d’origine cardiovasculaire34.

Chez les patients souffrant de diabète de type 2, plusieurs types de diètes ont été étudiées. Il semble que la diète végétarienne basée sur une grande consommation d’aliments riches en fibres soit la meilleure stratégie alimentaire pour contrôler cette maladie35, 36.

En plus de ses bénéfices sur la maladie cardiaque et sur le diabète de type 2, un régime végétarien contribue aussi à réduire les cas d’hypertension artérielle et d’obésité, et l’apparition de certains cancers (les bénéfices étant encore plus importants pour les végétaliens)37.

Mais le végétarisme comporte aussi ses côtés sombres. Il ne suffit pas de s’abstenir de manger des produits d’origine animale pour être en bonne santé. Une consommation de produits transformés, sucrés ou non diversifiés (d’origine non animale) peut conduire à des carences nutritionnelles et à une augmentation conséquente de l’inflammation corporelle. 

De plus, il n’est pas rare de voir un individu qui a choisi le végétarisme (dans l’espoir d’assainir son alimentation) souffrir d’un trouble du comportement alimentaire ou d’un trouble anxieux, ce qui occasionnera beaucoup de souffrance psychologique et de stress dans la gestion et la préparation du menu quotidien. En effet, la grande rigidité et l’anxiété qui peuvent découler de la diète que certaines personnes choisissent, même si elles le font dans une optique de santé optimale, empêcheront ces personnes de jouir des bienfaits escomptés.

Soyons à l’écoute de notre corps… mais aussi de notre cœur!

Voir l'article "La médication et le microbiote"

 

Références :

32. Zimmer J., Lange B., Frick J. S., Sauer H., Zimmermann K., Schwiertz A., et al. «A vegan or vegetarian diet substantially alters the human colonic faecal microbiota», European Journal of Clinical Nutrition, 2012; 66(1):53-60.

33. Koeth R. A., Wang Z., Levison B. S., Buffa J. A., Org E., Sheely B. T., et al. «Intestinal microbiota metabolism of L-carnitine, a nutrient in red meat, promotes atherosclerosis», Nature Medecine, 2013; 19(5):576-85.

34. Heianza Y., Ma W., Manson J. E., Rexrode K. M., Qi L. «Gut Microbiota Metabolites and Risk of Major Adverse Cardiovascular Disease Events and Death: A Systematic Review and Meta-Anaysis of Prospective Studies», Journal of the American Hearth Association, 2017; 6(7).

35. Wolfram T., Ismail-Beigi F. «Efficacy of high-fiber diets in the management of type 2 diabetes mellitus», Endocrine Pratice, 2011; 17(1):132-42.

36. Bodai B. I., Nakata T. E., Wong W. T., Clark D. R., Lawenda S., Tsou C., et al. «Lifestyle Medicine : A Brief Review of Its Dramatic Impact on Health and Survival», The Permanente Journal, 2017; 22.

37. Le L. T., Sabate J. «Beyond meatless, the health effects of vegan diets : Findings from the Adventist cohorts», Nutrients, 2014; 6(6):2131-47.

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